« Agromatériaux
& biocarburants : y
puiser sans épuiser ? »
Retrouvez, dès aujourd'hui,
les
moments forts du débat
en vidéo
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La substitution à terme des ressources fossiles par les
ressources renouvelables fournies par la biomasse est dans tous
les discours. En parallèle, sur fond de réchauffement
climatique inexorable la réduction de l'émission
des gaz à effet de serre est devenue une nécessité impérieuse.
Ces deux axes vont naturellement dans le sens du développement
durable, mais est-il évident que c'est de manière
concourante ? En sens inverse, nos comportements de consommateurs
nous fait désirer des produits détenteurs de propriétés
d'application de plus en plus sophistiquées.
Dans plusieurs domaines d'usage courant, les carburants et les
matériaux sont de plus en plus souvent substitués
par des produits issus de l'agriculture. D'autres débouchés
se profilent dans les secteurs clés de l'industrie automobile,
alimentaire et du bâtiment . Dans la quête actuelle
de combustibles moins émetteurs de gaz à effet
de serre, des techniques mises au point grâce à la
chimie verte et appliquée à la valorisation énergétique
de la plante entière ou de déchets de bois permettront
de puiser, dans le réservoir végétal renouvelable
non dédié à l'alimentation, la part nécessaire
de biocarburants dont notre société a et aura besoin.
Mais va-t-on vers une concurrence dramatique entre besoins alimentaires
et besoins industriels ? Faudra-t-il chercher d'autres sources
de biomasse non concurrentes et assurant des gisements réalistes ?
Un projet national soutenu notamment par l'Ifremer et le CNRS
a pour objectif de produire un biodiesel à partir de micro-algues !
Cette ressource a-t-elle un avenir prometteur ? La production
de carburant à partir de micro-algues est-elle réellement
non polluante ? Les espèces végétales cultivées
pour produire du carburant « vert » risquent-elles
d'accélérer le réchauffement climatique
ou d'épuiser les sols par suite de leur culture intensive ?
Enfin, en matière d'agro-matériaux , y-a-t-il
l'espoir d'une économie réaliste capable de subvenir à des
besoins massifs ? Est-on sur que les agro-matériaux
seront intrinsèquement plus « sûrs » que
les produits remplacés ? A titre d'exemple, des agro-matériaux
et des plastiques biodégradables sont élaborés à l'échelle
industrielle à partir de sous produit issus du tournesol
ou du maïs. Ainsi, après mise en forme, les tourteaux
de tournesol trouvent une deuxième vie sous la forme de
pots de repiquage entièrement compostables. Qui plus est,
provenant du végétal, ils sont de fait entièrement
biodégradables tout comme le sont des huiles de tronçonneuses
de substitution pour l'industrie forestière. L'amidon
de maïs peut quant à lui être transformé en
bio-plastique et trouve ainsi de nombreuses applications dans
le domaine de l'emballage alimentaire. Sommes nous surs de l'innocuité de
ces agromatériaux pour la santé humaine ?
Et enfin, Agromatériaux et biocarburants peuvent-ils être
les moteurs de la relance économique si attendue
?